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vendredi 12 juin 2015

Être libre de communiquer avec les autres - Interview vidéo de David Miller.

ND : Pourquoi ce livre ?

DM : En fait, mon intention n'était pas d'écrire un livre, mais tout simplement de composer un document interne pour des professeurs qui, comme moi, débutent dans une école Steiner-Waldorf.

Pourtant, j'avais beaucoup d'expérience en matière d'enseignement et de formation à la langue anglaise. Cela dit, très vite, je me suis rendu compte qu'en l'absence de programme détaillé, de guide, de manuel pour enseigner l'anglais, je me sentais comme une astéroïde dans l'immensité spatiale !

 C'est ainsi qu'avec un petit groupe, nous avons pensé établir un guide à usage interne.

ND : Pourquoi d'autres professeurs de langue ?

DM : Mon expérience de l'enseignement avec les grands enfants que sont les adultes demandait à s'enrichir de l'expérience des enseignants déjà expérimentés dans cete écle. L'autre idée, c'est que j'aime travailler en équipe, ce qui apporte une vraie dynamique et un soutien solide.

ND : Quels moments forts ?

DM : Nos rencontres très conviviales avec du thé anglais, des gâteaux italiens, français et allemands étaient des moments particulièrement intenses, pour travailler ensemble, pour échanger et pour évoquer de vraies questions de pédagogie.

ND : Que représente le Vademecum ?

DM : Cet ouvrage est une somme de mon expérience de l'enseignement. Avant d'entrer dans cette école, je n'avais jamais enseigné à des enfants. En prenant en compte l'approche de l'enseignement dans la pédagogie Steiner-Waldorf, qui venait compléter en quelque sorte mon expérience de l'enseignement depusi le début, de l'enfance jusqu'à l'âge adulte, je vois combien il est essentiel de respecter chaque personne et de l'aider, d'autant plus quand il est question d'une langue, a fortiori d'une langue étrangère, à accéder à un certain niveau de liberté. L'enseignement doit s'adapter à ce que chacun peut apprendre pour être capable de communiquer avec les autres.

Merci à David Miller.


Interview : Nathalie Dubois, avril 2015

Montage, image et son : Sara Spigarelli

Transcription libre : Céline Bernard.






jeudi 11 juin 2015

S'accorder - Interview vidéo de Sara Spigarelli

ND : Pourquoi vous joindre à ce projet ?

Sara : L'idée de participer à ce projet est venue principalement du désir de se rencontrer pour tranvailler avec des collègues autour d'un sujet important, à savoir l'enseignement des langues étrangères. De là est née l'idée d'une écriture collective.


ND : L'avantage de travailler à plusieurs ?

Sara : Pour moi, c'est déjà l'occasion de profiter de l'expérience des collègues et de considérer l'autre comme une ressource, de par son vécu et son savoir aussi.
Dans ces moments-là, on enrichit sa propre expérience d'enseignement, ses propres représentations de l'apprentissage, sa propre vision de la classe avec les enfants grâce à une diversité de points de vue très bénéfique.

ND : Quels moments forts ?

Sara : Ce sont les moments où, au-delà de nos différentes perceptions et après avoir discuté, étudié, exploré différents aspects de la pédagogie, nous trouvions des points de contact et d'accord. Entre nos différentes opinions, il était très satisfaisant de trouver un appui commun. C'est l'atmosphère chaleureuse conviviale et amicale de nos rencontres qui nous a permis de parvenir à cette coordination, et même à cette harmonie.

ND : Que représente le Vademecum ?

Sara : Ce projet est pour moi une première expérience d'écriture et de formalisation, dans un domaine qui me passionne : l'enseignement. C'est l'occasion concrète de faire un premier pas sur la route que j'ai choisie : la pédagogie.

Merci à Sara Spigarelli.


Interview : Nathalie Dubois, avril 2015

Montage, image et son : Sara Spigarelli

Transcription libre : Céline Bernard.

mercredi 3 juin 2015

Compte-rendu de la Table Ronde du mardi 2 juin – Saint-Genis-Laval







Présents : Susanne Peters, Sara Spigarelli, David Miller, Céline Bernard – 5 participants dans le public


Salle d'eurythmie de l'école Steiner de Saint Genis-Laval.



Introduction : les Français et les langues étrangères – David.



1 - Appel à contributions – Céline

 

4 questions sont proposées en 4 langues. Chaque personne reçoit un post-it pour proposer sa réponse.

Le résultat est un panorama de la représentation de l'enseignement des langues pour le groupe présent. 



2- Démonstrations d'activités


Susanne illustre l'enseignement de l'allemand dans les classes 1 à 5 : mouvement et répétitions : le geste est associé à la parole et les élèves sont conduits petit à petit à s'exprimer eux-mêmes, d'après les comptines et les jeux mémorisés. Les élèves font déjà des phrases en contexte. Les jeux de balles favorisent l'interactivité.




Sara illustre les cours d'anglais jusqu'en 5ème. Les aspects ludiques, interactifs et en relation avec l'environnement quotidien des élèves – la nature, sont privilégiés. Les jeux de balles sont l'occasion de travailler des phrases types : exemple de « big or small ». La construction de l'approche grammaticale pour les plus grands est toujours en lien avec le mouvement. Exemple du présent – deux formes en anglais : simple / on reste en place et
et -ing /  on saute à pieds joints.




David illustre les cours d'anglais en grandes classes : l'enjeu culturel de l'apprentissage de la langue et la dimension de la communication. L'attitude anglosaxonne, plus familière, plus « à la rencontre », peut être ressentie comme intrusive pour un Français. Importance de l'intonation, de la mélodie de la phrase. Distinction heat/hit, it/eat. Importance de l'articulation et de l'émotion dans la pièce de 10ème classe. Le sens est transmis par l’intonation et l'insistance ou l'emphase sur un ou des mots. L’anglais est une langue en mouvement "vers", ce qui se traduit par un mouvement corporel.



Question du public : Illustration des cours de la 6ème à la 8ème classe ?

 Ces classes sont détaillées dans le vademecum. Les professeurs présents ont trop peu d'expérience pour proposer une démonstration.

3- Présentation de l'ouvrage.


Projection des diapositives et commentaires de Céline.

L'ouvrage propose une vision d'ensemble très synthétique. Il est l'aboutissement d'un travail de mise en commun de 4 professeurs d'origines différentes : il peut servir de point de départ pour un professeur nouvellement nommé dans une école Waldorf et qui souhaite commencer à s'informer sur les particularités de la pédagogie.

Composition en 3 parties : La création de l'école Waldorf (Importance des langues dès le début) – Cadrages : classe par classe, cursus et rôle de l'enseignant. - Prolongements : références lexicales, grammaticales et bibliographiques.


Conclusion : Susanne précise que l'apprentissage de la langue n'est pas uniquement une question de communication. C'est une entrée dans une autre « façon d'être ». 

 

 

Céline conclut par un résumé des contributions : découverte de l'altérité – Confiance – Intérêt – Joie d'apprendre. 

CR établi par CB, 3 mai 2015

mercredi 27 mai 2015

4 langues pour 1 livre - Interview vidéo de Susanne Peters



ND : Pourquoi vous joindre à ce projet ?

SP : Si j'ai accepté de travailler avec ce groupe, c'est pour les partages d'expérience. Il est en effet très important de proposer un guide à l'attention des enseignants qui n'ont pas de formation Steiner-Waldorf et qui sont amenés à enseigner dans une école Waldorf.

Disposer d'un tel ouvrage est pour ces enseignants débutants un réel appui et un soutien pour démarrer.


ND : L'avantage de travailler à plusieurs ?

SP : Pour moi, ce groupe est tout à fait pariculier. Il réunit 4 nationalités différentes, c'est à dire, 4 langues maternelles différentes et par conséquent 4 "mentalités" différentes. Travailler et avancer ensemble nous donne une certaine assurance.


ND : Quels moments forts ?

SP : Sans conteste, ce sont les moments où, depuis nos points de vue divers, nous pouvions tomber d'accord sur un point particulier : trouver des idées communes, une manière commune de les exprimer, une vision commune de nos expériences, voilà qui nous a vraiment donné accès à un contenu commun.

ND : Que représente le Vademecum ?

SP :Après plus d'un an de rencontres et de discussions, le projet de ce livre représente une réalisation commune qui a été menée jusqu'au bout.

Merci à Susanne Peters.


Interview : Nathalie Dubois, avril 2015

Montage, image et son : Sara Spigarelli

Transcription libre : Céline Bernard.

Vademecum, c'est "Viens avec moi" - interview video de Céline Bernard



ND : Pourquoi éditer ce livre ?

CB : Le projet du Vademecum m'a tout de suite plu, car j'aime beaucoup l'idée de diffuser un programme pour une pédagogie alternative qui comporte assez peu de documentation écrite.


ND : Les moments forts ?

CB : Pour moi, c'était au moment de réunir les contributions et de donner un fil conducteur, un fil rouge qui facilite la lecture.

ND : Pourquoi ce titre ?

CB : "Vademecum" signifie en latin "Viens avec moi" car il peut accompagner le professeur débutant ou expérimenté tout au long de l'année et aussi au cours des différentes étapes de sa carrière.

ND : Quelle sera la prochaine étape ?

CB : La prochaine étape est celle de l'édition, plus précisément de la diffusion : il s'agit d'expliquer ce qui a animé les auteurs du Vademecum. Maintenant, il est emps d'entrer en dialogue avec ses lecteurs que j'espère nombreux.

Merci à Céline Bernard.


Interview : Nathalie Dubois, avril 2015

Montage, image et son : Sara Spigarelli

Transcription libre : Céline Bernard.

dimanche 10 mai 2015

Grande réforme des cursus de langues dans l'Education Nationale

On a plutôt l'habitude de distinguer les pédagogies. Il est clair que l'organisation des enseignements, voire leur finalité, présente d'importantes différences entre les écoles publiques et les écoles Waldorf. Mais les élèves appartiennent à une même société. Chaque classe d'âge est "poreuse" au sens où les uns et les autres s'influencent.

Voilà pourquoi il me semble intéressant de suivre l'évolution des cursus de langues dans l'éducation nationale.


Après une application relativement enthousiaste des directives de l'Union Européenne, qui ont conduit à la mise en place de certificats divers et à une réflexion de fonds sur les méthodes d'enseignement des langues "à la française", un net recul est dénoncé aujourd'hui par les enseignants qui devront appliquer dès la rentrée 2015 la réforme publiée tout récemment en avril.


Voici la pétition de mai 2015 qui expose les revendications des enseignants d'allemand :


Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre de l’Education Nationale, Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères,

Nous attirons votre attention sur les conséquences désastreuses qu’aurait le projet réforme du collège présenté, non seulement sur le niveau de maîtrise des langues étrangères, mais aussi sur le nombre de germanistes en France.

Le saupoudrage d’heures d’enseignement des langues vivantes ne permet pas d’acquérir les automatismes indispensables à une bonne maîtrise de la langue : Pour progresser, il faut 3 heures minimum par semaine, que ce soit au collège ou au lycée !

Les engagements bilatéraux entre la France et l’Allemagne, réaffirmés par vous le 22 janvier 2013, doivent être respectés : la France manque de germanistes et l’allemand constitue un atout dans la recherche d’emploi et la construction européenne.

Sans les classes bilangues et les classes européennes de collège, vous condamneriez à terme les classes européennes de lycée, les sections Abibac, les échanges individuels et collectifs, ainsi que les efforts et l’existence même du Secrétariat Franco-Allemand pour les échanges en formation professionnelle, de l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse, de l’Université Franco-Allemande !

C’est pourquoi nous demandons pour l’avenir de la jeunesse de notre pays et pour la crédibilité de nos engagements internationaux :

1. Le maintien du dispositif bilangue tel qu’il existe actuellement avec au moins 3 heures hebdomadaires pour chaque langue, que ce soit pour assurer la continuité ou pour commencer l’allemand en 6°.
2. Le maintien du dispositif des classes européennes en collège avec une dotation fléchée de 2 heures hebdomadaires pour chacune des deux années de collège, avec un prolongement au lycée par un renforcement linguistique et une discipline non linguistique enseignée en langue vivante.
3. De ne pas généraliser la 5°LV2 à moyens constants, soit 2 heures hebdomadaires sur 3 ans au lieu de 3 heures hebdomadaires sur 2 ans - ce qui aurait comme effet que la langue soit moins bien maîtrisée qu’avec le système actuel !


Signataires :
Thérèse Clerc, Présidente de l’ADEAF
Association pour le Développement de l’Enseignement de l’Allemand en France 

 Dans ce contexte, encore plus crucial quand on connaît le nombre d'écoles Waldorf en Allemagne et la sensibilité des enseignants à cette pédagogie, la réflexion des écoles Waldorf françaises en direction de l'apprentissage des langues vivantes fait figure d'oasis dans un désert annoncé !

Je souhaite en tous cas à tous les spécialistes de langues d'être entendus quand ils demandent le renforcement des heures d'enseignement !

Céline Bernard.

vendredi 3 avril 2015

Introduction au mémoire "Langue et Musique" - 2014

Je partage l'introduction au mémoire que j'ai écrit l'année dernière à la fin d'une formation triennale à la pédagogie Waldorf. Bonne lecture! 

Langue et Musique


Depuis plusieurs années, j’essaie d’approcher le lien subtil qui existe entre la musique et les langues, étant proche moi-même des deux domaines : comment le monde des sons unifie-t-il l’une et les autres? Aussi, une question m’habite depuis le début de ma pratique d’enseignement de l’anglais dans une école Waldorf : 

pourquoi enseigne-t-on l’anglais aujourd’hui et qu’est-ce que cela implique dans l’épanouissement des enfants de notre époque? 

Le choix du thème de ce mémoire a pour but de tisser un fil entre le premier et le deuxième de ces questionnements.

Dans la première partie, j’observe d’abord la voix humaine dans son expression parlée, en faisant le lien avec une dimension intime de l’être humain ; ensuite, je décris une expérience d’étude de cette même voix dans son expression chantée, en lien avec le monde de la musique; in fine, je montre comment cette dimension sonore peut participer à l’apprentissage d’une langue étrangère pour les élèves du cycle primaire.

C’est dans la deuxième partie que j’introduis la réflexion sur la langue anglaise, dans sa nature actuelle de langue véhiculaire mondiale.  

A notre époque contemporaine, l’anglais peut montrer une double facette : d’une part, il apparaît comme la langue uniformisatrice qui risque de s’imposer sur les autres; d’autre part, c’est une langue qui, par son origine et par son usage actuel, se veut universelle, et révèle donc un aspect fédérateur et traditionnel.


La troisième partie veut donner une image du plurilinguisme qui émerge de l’ouverture linguistique actuelle ; il offre une possible lecture de l’écho que cela peut avoir en l’homme de notre époque, si l’on garde une vision universaliste, plutôt que uniformisatrice. En ce sens, je termine par la présentation de quelques activités expérimentées avec les élèves de la première à la cinquième classe, en reprenant l’outil musical introduit au début, qui participe à créer l’humeur universelle citée ci-dessus.


La pérégrination entre ces trois domaines d’exploration veut aboutir à la présentation d’une possible méthode d’enseignement des langues qui respecte l’être humain dans sa nature propre et, dans la mesure du possible, en perspective de son évolution.

Sara Spigarelli